Ley’s Writings

Histoires yaoi Warning : histoires à “caractère” homosexuel, ne pas lire si vous trouvez ça dérangeant ou si les scènes “explicites” vous gênent !! vous êtes prévenus !!

Chapitre 25 juillet 21, 2009

Classé dans : Androgyne — leyandme @ 15:00

Coucou tout le monde (même si je doute qu’il y ait du monde >_<) !

Voici l’avant-dernier chapitre d’Androgyne !! La fin est écrite et la moitié de l’épilogue aussi donc vous aurez bientôt le dénouement de l’histoire ^^

Merci beaucoup pour ceux qui continue à laisser des commentaires malgré ma looooongue absence. Je vais essayer de finir mes autres fics en cours le plus rapidement possible mais je ne garantis rien…

Bisous à tous et bonne lecture !! =)

CHAPITRE 25

C’était comme retrouver un ami perdu de vue depuis longtemps. C’était comme cet espèce de plaisir malsain qu’on éprouve en se grattant la croûte fraîche d’une récente blessure ; avoir mal, regarder le sang qui s’écoule, et recommencer quand même. C’était comme si le vide qui avait rempli sa vie se comblait d’acide brulant tout sur son passage ; sa conscience, ses pensées, ses sentiments. Oui, surtout ses sentiments. Ces sentiments traîtres qui l’avaient blessé. Lui qui croyait aimer ça, la douleur. Lui qui pensait y être imperméable. Y être drogué. Mais la douleur de l’amour n’est pas comme les autres. Elle fait plus mal. Mal partout ; au cœur, à la tête, dans le ventre, à l’âme… Rien n’était plus douloureux que l’amour déçu qui persiste malgré tout. C’est pourquoi il se droguait à une autre douleur. Pour masquer celle qui l’avait tué.

Joakim était retourné dans cette boîte où il s’était tant de fois perdu. Où il s’était tant de fois abandonné aux plaisirs malsains de la chair. Où il s’était enivré des frissons de dégoûts qui le secouaient continuellement. Et c’était toujours pareil. Même des années plus tard, même après avoir goûté à une relation « normale ». Toujours ces hommes en quête de chaleur humaine. Toujours ces mains moites sur sa peau. Toujours ces mêmes sourires pervers. Toujours ces sexes durs qu’il sentait contre lui. C’était mauvais. C’était écœurant. Mais il restait. Parce que c’était la seul chose pour laquelle il vivait désormais.

Il avait besoin de ce soulagement que le dégoût, la douleur lui provoquait. Il avait besoin de sentir ses limites. De sentir sa résistance s’étirer, se tendre puis atteindre le point de rupture. Il imaginait le fil de sa conscience se raidir jusqu’à se qu’il s’effiloche. Il voulait sentir sa volonté rompre petit à petit. Il se complaisait dans sa déchéance macabre. Rien n’était plus jouissif pour lui que de se sentir tomber petit à petit dans un puits sans fond.

Il était vide depuis ce jour maudit où il était rentré chez lui pour découvrir les images sordides de son amant avec un autre homme. Il lui en avait voulu. Avait essayé de l’appeler mais c’était trop tard. Ses remords, ses habitudes avaient pris le pas sur celui qu’il était devenu. Il avait replongé dans sa passion du dégoût. Il avait finit par se convaincre que c’était sa faute. Qu’il était anormal. « Désaxé », comme Esteban lui avait fait remarqué une fois.

Il était tout à fait conscient du responsable de cette sinistre mise en scène. Keanu, son ancien amant, aimait les effets de style, les spectacles grandioses. Mais malgré qu’il le sache pertinemment, le jeune écrivain savait qu’il rentrerait dans son jeu. Qu’il jouerait avec lui. Car c’était ce qu’il attendait de lui. Et que maintenant que la seule personne qui le guidait à la surface l’avait laissé tombé, il pouvait se permettre de se foutre en l’air.

Alors, comme tous les soirs depuis deux semaines, Joakim s’était vêtu d’un pantalon moulant taille basse qui laissait visible son boxer blanc et d’une chemise noire que seuls quelques boutons retenaient. Ses yeux étaient soulignés d’un trait de khôl et ses cheveux avaient été coiffés en un joyeux ébouriffé. Il était splendide. Il était bandant.

Comme un automate, il était rentré dans la boîte de nuit et avait commencé à danser, comme en transe. Pourtant il n’avait pas bu ni pris de substance illicite. Mais l’ambiance suffisait à le mettre dans cet état. L’anticipation aussi. Il savait ce qu’il allait se passer : des corps se colleraient à lui, des mains baladeuses le caresseraient, des langues avides violeraient sa bouche… Et la nausée ferait son apparition. Belle, grande, comme un rez-de-marée elle emporterait tout sur son passage, ne laissant de lui que des débris épars.

Et tout se passa comme prévu. Il dansa jusqu’au bout de la nuit, inépuisable. Puis, soudain, des mains vinrent prendre possession de ses fesses, un corps chaud se pressa contre lui et un souffle lui caressa la joue. Un parfum connu lui monta aux narines et il posa ses mains sur le dos du presque-inconnu. Joakim eut un sourire sans joie. Il était finalement revenu.

**********

Plus que trois semaines avant le bac. Esteban, comme les autres terminales, commençait tout juste à réaliser la proximité des épreuves tant redoutées. Il avait établit un programme de révision minutieusement étudié pour n’avoir que peu de temps libre. Car les moments de désœuvrement le laissaient toujours dans un état lamentable. Il pensait à l’échec de sa relation avec Joakim et cela le minait. Il revoyait par flash des bribes de sa nuit avec le japonais Ryuichi et s’en voulait. Chacun de ses souvenirs lui faisaient penser à l’écrivain. Même dans ses révisions, il voyait des allusions à leur couple, à leur amitié, à leur amour. Parfois, il pleurait.

Heureusement, Erwan était toujours là pour lui remonter le moral. Lui au moins n’avait pas changé. Éternel coureur de jupon et clown à ses heures perdues, il savait se montrer un ami compréhensif pour le jeune homme. Même la mère d’Esteban faisait de son mieux. Elle n’avait pas compris leur brusque séparation et son fils n’avait pas essayé de lui dire la vérité. Il ne voulait pas qu’elle le prenne pour un salaud. Elle avait déjà souffert du départ de son père et il ne voulait pas qu’elle revive cet événement à travers son propre déboire sentimental. Mais elle était quand même présente et cela le rassurait.

Le jour de la sortie des terminales, une fête avait été organisée par et pour les futurs bacheliers. Tout le monde était invité à cette soirée où l’alcool coulerait à flot pour le bonheur de ceux qui allaient devoir se plonger dans les révisions. Bien entendu, Erwan était résolu à y aller. Et il avait décidé d’y emmener Esteban. Bien qu’il ne le dise pas, il était inquiet pour son meilleur ami. Celui-ci n’avait jamais été quelqu’un de particulièrement expansif. Il avait quelques amis au lycée mais c’était principalement des amis d’Erwan avec lesquels il s’entendait bien. Personne n’avait réussi à devenir vraiment proche de ce si particulier jeune homme aux cheveux bleus. Personne à part lui dont la personnalité différait complètement. Et il ne comptait pas le laisser tomber quand il avait besoin de lui. Fier de cette résolution, le métis composa le numéro de son ami et c’est avec une voix excessivement enjouée qu’il le salua quand celui-ci décrocha :

-         Mon Banouuu !

-         Non, Erwan. Je n’irai pas à cette soirée.

-         Mais pourquoi ? Et comment as-tu su que je t’appelais pour ça ?

-         Parce que c’était évident. Et je ne sortirai pas avant la fin du bac.

-         Mais…

-         Et n’essaie pas de me faire changer d’avis, tu n’y arriveras pas.

-         Esteban… soupira le brun, anxieux à l’idée que son ami se renferme sur lui-même.

-         Je sais que tu t’inquiètes pour moi mais c’est vraiment pas la peine.

-         Si tu le dis, répliqua-t-il, ironique.

-         Promis, on sortira pour fêter la fin du bac. Mais pas avant, je dois réviser : j’ai suffisamment négligé mes études.

-         OK, si c’est ce que tu veux. Mais je n’oublierai pas ta promesse, sois-en sûr !

-         J’en attendais pas moins de toi.

**********

Esteban sortit de la salle en soufflant. C’était bel et bien finit. La dernière épreuve du bac était passée. Désormais : vacances. Le jeune homme avait trouvé un travail saisonnier en tant que serveur dans une crêperie pendant un mois et demi. Le reste du temps, il comptait bien profiter des vacances pour se reposer.

Aux portes du lycée, il retrouva Erwan avec qui il échangea ses impressions. Ils allèrent retrouver des copains à eux dans un parc où ils avaient prévu de passer la fin de l’après-midi avant de se rendre à une soirée organisée par une connaissance éloignée d’un membre du groupe. Esteban soupira à cette idée, mi-amusé, mi-blasé. Il n’avait pas spécialement envie d’y aller mais il fallait reconnaître qu’il devait sortir : s’il ne le faisait pas sa mère le mettrait dehors à coups de pieds, son meilleur ami le trainerait de force à des soirées de débauche totale ou il deviendrait un ermite que personne ne voudrait plus voir.

-         Tu penses à quoi Esteban pour sourire comme un idiot comme ça ?

-         À ce que je pourrais devenir si je m’enfermais chez moi sans sortir.

Devant l’incompréhension générale, il haussa les épaules et se joignit au groupe pour savourer la douceur d’un après-midi de juin, allongé dans l’herbe.

Plus tard, bien plus tard dans la soirée, la petite bande, passablement éméchée, se retrouvait à faire la queue devant une boîte de nuit, la fête d’origine ayant été écourtée par l’arrivée de policiers.

Esteban se retrouva vite sur la piste de danse, se déhanchant énergiquement avec quelques uns de ses amis. Erwan s’était déjà dégoté une « copine » et les autres membres de la bande étaient allé s’installer à une table. Au bout de quelques chansons, épuisé, le jeune homme rejoint les autres jeunes gens et s’affala sur un fauteuil. Il sirotait son verre de vodka orange quand une des jeunes filles qui l’accompagnait attira l’attention des autres vers un couple qui dansait, étroitement enlacé. Ne comprenant pas pourquoi ce couple-là semblait les intéresser autant, il les dévisagea plus attentivement.

C’était comme si son cœur était compressé dans un étau. Comme s’il était tordu dans tous les sens. Comme s’il venait de voir dans un miroir brisé le reflet de ce qu’aurait pu être sa vie. En face de lui, le couple de garçons évoluait lentement sur la piste. Ils dansaient collé-serré un slow sur une musique rapide. Comme s’ils étaient seuls au monde. Parfois leurs bouches se trouvaient en un baiser. D’autres fois c’étaient leurs yeux qui s’accrochaient en un échange amoureux.

En un éclair, Esteban repensa à Joakim, à leur relation, à ses mensonges, à Ryuichi, au magazine people. Il repensa aussi au dernier livre d’Anny Rodge où l’écrivain se dévoilait sans fausse pudeur et à l’ex-compagnon de celui-ci. Il comprit alors qu’il n’était pas seul dans la partie. Que ce Keanu-je-ne-sais-quoi allait sûrement revenir vers Joakim. Et qu’il allait le faire sombrer. Mais surtout : il allait le lui prendre, lui voler son amour et déchirer son âme.

Le jeune homme se leva en un sursaut et se rua vers son meilleur ami qui dansait avec une jolie blonde.

-         Erwan !

-         Esteban… Grogna le métis, tu vois pas que je suis occupé ?

-         Je vais le récupérer !

-         Quoi ?

-         Joakim ! Il est à moi, tu comprends ? Et si l’autre connard pose ses sales pattes sur lui, il va le regretter.

Erwan acquiesça, perdu, et laissa son meilleur ami s’en aller, fort de sa décision. Le jeune métis n’avait pas tout compris à la conversation mais il avait mieux à faire comme s’occuper de la délicieuse jeune fille qu’il avait dans les bras. Et Esteban avait l’air d’aller mieux et c’est tout ce qui comptait.

**********

Passion. Envie. Désir. Souffrance. Désir. Dégoût. Désir. Envie. Souffrance. Passion. Désir. Dégoût. Désir. Dégoût. Désir et dégoût. Dégoût et désir. Passion et souffrance. Désir et passion. Désir et souffrance. Désir. Dégoût.

Rien n’existait plus que ces quelques mots. Il ne vivait plus que pour ça. Il ne vivait plus que pour ces moments où il dansait dans l’ombre de la boîte de nuit. Il attendait avec une impatience morbide le moment où il viendrait chasser les autres ; où il le toucherait partout ; où il l’exciterait au-delà des mots ; où il le rabaisserait plus bas que terre. Il ne souhaitait plus qu’une chose : être l’objet avec lequel lui aimait tant jouer. Encore quelques temps et sa déchéance sera totale. Quand le jeu sera finit, il ne restera de lui qu’un corps plein de dégoût. Un pantin réagissant à la douleur par le désir.

Joakim ne savait plus depuis quand cela durait. Il se souvenait du début de sa vie comme le moment où il était entré dans cette boîte de nuit. Le reste avait été soigneusement mit de côté. Il l’avait occulté de sa mémoire. De toute façon, il ne pensait plus. Encore moins depuis que Keanu était revenu.

Quand son ex-compagnon était venu se coller à lui, encore plus dangereux que les autres, encore plus excitant que les autres, Joakim avait compris que le jeu commençait. Depuis, Keanu le faisait languir. Il l’excitait, le dégoûtait, lui faisait mal avec ses mots acérés et ses gestes déplacés. Mais il ne l’avait pas encore baisé.

Et Joakim voulait qu’il le baise. Il voulait que le brun prenne tout de lui. Qu’il ne soit plus qu’un zombie. Il ne voulait plus exister.

De son côté, Keanu jubilait. Joakim était tout à lui. Bientôt, quand son désir sera devenu incontrôlable, il le baisera. Et Joakim ne pourra plus lui échapper. Parce qu’il sera devenu trop accro. Ou parce qu’il sera mort.

à jeudi pour le dernier chapitre !! :D

et n’hésitez pas à laisser vos impressions, j’adore ça et je vous réponds directement dans les coms :p

Zoubixxx

 

6 Responses to “Chapitre 25”

  1. Missiz Says:

    OHH MY GOODDD!!!!!!!!!!!
    J’y crois pas, comment on peut être aussi ignoble et aimer briser les gens comme sa. Keanu c’est un vrai de vrai SALOOOOOO. Non mais, j’espère qu’Esteban va pouvoir ramener Joakim vers lui, il doit le sauver. AHHHHH trop hâte de lire la suiteeeeeeee.

    p.s. BON RETOOOUUUUURRRRR!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! =^.^=

  2. leyandme Says:

    n_n
    merciii

    oui j’avoue Keanu est une ordure…. et ça va être pire après mais… chut ! ^^

  3. cicipouce Says:

    aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah enfin xDDD … J’ai cru que tu nous avais oubliés … éliminés de ta vie .. Bon retour parmi les vivants de la blogosphère …

    Chapitre qui fait mal … mais on s’y attendait … Esteban a sa part de faute mais alors je dirais 5% T_T parce que franchement … c’est lui qui mérite le moins de souffrir ..

    Merci pour ce chapitre bisou !!

  4. cicipouce Says:

    ah oui il a ça … “il ne voulait pas qu’il la prenne pour un salaud” la tournure exacte c’est “il ne voulait pas qu’elle le prenne pour un salaud” .. =D voila !!

  5. leyandme Says:

    Non je vous avais pas oubliés… mais j’ai juste eu du mal à m’y remettre ><"
    C'est vrai que c'était un passage obligatoire avant la fin mais bon…. le chapitre d'après est mieux (ou pas ^^)
    Bisouxx et merci pour ton commentaire :D

  6. leyandme Says:

    XD Merci ! j’avais pas vu >< et pourtant j'avais relu… pour une fois !


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