Ley’s Writings

Histoires yaoi Warning : histoires à “caractère” homosexuel, ne pas lire si vous trouvez ça dérangeant ou si les scènes “explicites” vous gênent !! vous êtes prévenus !!

épilogue août 9, 2009

Classé dans : Androgyne — leyandme @ 15:37

Salut les amis !!

Voici (enfin) l’épilogue d’Androgyne
Encore désolée du retard mais entre mes vacances en Espagne (je pars mardi prochain =D) et mon anniversaire (il y a deux jours) j’ai été assez occupée mais j’espère que cet épilogue très… lemoné va vous faire plaisir !

Oh… et puis j’espère que vous verrez le lien entre ce début de chapitre et le début du chapitre trois ^^

Bisouxxxxxx

En triant son courrier ce matin là, Joakim avait décidé de lire toutes les lettres de ses fans.

-          Enfin, de ses fans à elle, pensa-t-il en souriant.

Non pas que d’habitude il ne les lisait pas, mais aujourd’hui il les lirait vraiment, sans les survoler. Pourquoi cette passion soudaine pour des lettres généralement inintéressantes ? Sûrement parce que Joakim avait du temps devant lui et qu’il voulait repousser à tout prix le moment où il devrait ce remettre au travail alors que l’inspiration lui manquait cruellement.

Deux heures plus tard, il lisait toujours, se maudissant pour ses idées saugrenues. Il avait en effet tout trouvé : de l’adolescente à la limite de l’hystérie qui avait A-DO-RÉ ses livres et attendait d’en lire d’autres avec impatience, à la mamie choquée qui avait trouvé ses livres obscènes, grotesques et irréalistes et le traitai de « mauvais garçon ». Depuis la révélation de son identité, il avait même trouvé des demandes en mariages ainsi que des insultes homophobes.

Alors qu’il allait abandonner il tomba sur la lettre d’un lecteur de toute évidence masculin mais dont l’enveloppe parfumée attira son attention.

-          Tiens, un garçon ! Intéressant, je me demande ce que pensent mes lecteurs de mon travail. À part Esteban bien sûr, je n’ai que rarement leur avis.

Plein de curiosité, Joakim entreprit de lire la lettre. Au début il se dit que c’était une lettre comme les autres, mais au fur et à mesure qu’il lisait il commença à sourire.

« Mon cher Anny Rodge, il m’a fallut du temps pour écrire cette lettre. En effet, j’ai à

cœur de vous prouver à quel point je vous admire.

Si vous trouvez ma démarche étrange, sachez que c’est de la faute de mon copain : il m’a dit

« tu dois exorciser cette passion que tu as pour cet auteur ». Je

comprends que vous soyez un peu étonné par cette démarche mais

ceci est le seul moyen que j’ai trouvé pour garder mon mec et vous informer de ma passion. Je

viens de me rendre compte que ce que je dis ne vous avance pas, veuillez m’en excuser. Il

me faut commencer dès le début : quand j’ai commencé à lire vos livres, j’ai dû

faire un immense effort pour ne pas vous écrire tout de suite pour vous déclarer tout

l’amour que vous m’inspiriez. Heureusement, mon copain a été jaloux de vous et a

immédiatement réagi en m’en empêchant de me ridiculiser.

Je reste tout de même votre fan numéro 1 – même si mes « je

t’aime » ne sont destinés qu’à mon amoureux.

Bien à vous,

votre admirateur secret

P.-S. : que pensez-vous de la correspondance de Georges Sand et Alfred de Musset ? Pour ma part, j’ai toujours apprécié les énigmes. Qu’en est-il pour vous ?* »

Le jeune écrivain resta quelques instant pensif devant la lettre puis il eut un sourire amusé et se leva d’un pas déterminé. Il alla dans sa chambre pour chercher de quoi s’habiller puis prit une douche rapide. Il ressortit de chez lui en trombe, attrapant ses clés au vol et s’engouffra dans sa voiture avec la même fougue. Environ une heure plus tard, il était arrivé à destination. Il se gara sur le parking et couru presque jusqu’à l’interphone de la résidence où il se rendait. Une voix jeune et masculine lui répondit et il dit un simple « C’est moi » avant de pouvoir rentrer. Il se rua dans l’ascenseur et monta jusqu’au sixième étage en rongeant son frein d’impatience. Quand les portes s’ouvrirent il se rendit d’un pas précipité devant l’appartement qui l’intéressait et se passa une main dans les cheveux avant de frapper.

Esteban était en train de finir un dossier quand on frappa à sa porte. Il esquissa un sourire et ouvrit la porte dans une attitude nonchalante, loin de l’excitation interne qu’il ressentait. Il eut le souffle coupé en voyant Joakim, adossé contre la chambranle de sa porte, sexy au possible dans son jean foncé moulant, son tee-shirt noir très près du corps et sa veste en cuir. Ses lèvres s’étirèrent en une moue lubrique quand l’écrivain souffla d’une voix rauque :

-         J’ai reçu ta lettre…

L’étudiant n’attendit pas plus et empoigna le col de son amant pour l’attirer à lui et plaquer ses lèvres contre les siennes. Il entama un baiser brûlant et passionné tandis qu’il fermait la porte à taton.

Les deux hommes s’embrassaient toujours en avançant dans l’appartement. Leurs mains chaudes se baladaient sur le corps de l’autre avec langueur, allumant en eux le brasier du désir. La température monta rapidement alors qu’il se retrouvaient déjà torses nus, haletants et leurs lèvres toujours scellées. Esteban se détacha soudain et poussa Joakim contre le lit pour qu’il s’y asseye. Il se lécha la lèvre avec sensualité, suivit par le regard brillant de son amant. Il passa ensuite ses mains sur son torse, effleurant ses tétons dressés et descendant de plus en plus bas, de plus en plus lentement. Il se débarrassa de son pantalon sous l’œil gourmand du châtain. Son boxer n’avait jamais été aussi tendu et il passa une main dedans pour se caresser légèrement. Voyant cela, Joakim voulut se lever mais le plus jeune l’en empêcha en secouant sa tête de gauche à droite. Il n’échangeaient aucune parole, laissant ainsi la tension monter entre eux pour s’accumuler en un désir de l’autre impétueux. Le brun finit par faire glisser son dernier vêtement au sol, laissant son sexe dressé fièrement à la vue de son amant dont la respiration se faisait erratique. Il s’approcha d’un pas félin de l’autre homme et se mit à califourchon sur ses genoux, son bassin nu collé à celui de l’écrivain. Les deux amant gémirent de concert à ce contact et, n’y tenant plus, Joakim renversa Esteban sous lui et entreprit de l’embrasser partout. Sa langue traça des sillons humides le long de son coup, sa bouche laissant au passage un suçon de belle taille sur sa clavicule. Il s’attaqua ensuite aux tétons et au ventre de l’étudiant, insistant sur son nombril, arrachant un frisson prononcé à son amant. Il sourit sadiquement et s’approcha de la virilité du garçon. Il sentait que ses caresses lui faisaient perdre la tête et lui-même se sentait partir tellement être contre son amant l’enivrait.

Esteban gémit quand la langue du châtain s’enroula autour de son sexe. Il était au paradis. C’était tellement bon de sentir ces mains caresser sa peau, cette langue le lécher partout, et surtout ces yeux qui le regardaient avec amour et désir. Il se sentit durcir encore plus quand son regard enfiévré croisa celui, non moins excité, de son amour. Il passa une main légère dans les cheveux de l’écrivain, main qui se crispa quand il sentit la jouissance arriver. Un orgasme dévastateur le submergea et il cria en se répandant dans la bouche tentatrice.

Joakim se releva avec une mimique satisfaite. Esteban gisait sur son lit, encore pantelant du plaisir qu’il avait ressenti. Mais l’adulte en voulait plus. Beaucoup plus. Il colla son corps encore habillé contre son amant et planta ses yeux dans les siens. Il prit ses mains et les colla sur ses propres fesses en léchant les lèvres entrouvertes du jeune homme. Celui-ci comprit et esquissa un sourire narquois en mesurant l’ampleur de l’excitation du châtain. Il le fit basculer sous lui pour lui retirer son pantalon et son boxer. Quand il fut nu, il remonta lentement, effleurant de ses mains et de ses lèvres le corps tentateur du bel écrivain qui gémit sous la caresse furtive.

Voir son amant se tordre de plaisir sous ses baisers était le plus puissant des aphrodisiaques pour l’étudiant qui sentit son excitation revenir. Après de longs et exquis préliminaires, Joakim finit par émerger doucement de son cocon de plaisir. Tous ses sens étaient exacerbés par les attentions que lui procuraient le brun et il se sentait tellement bien qu’il aurait voulu enfermer son amant pour pouvoir profiter de lui autant qu’il le souhaitait. Quand Esteban le fit jouir de ses mains expertes, l’adulte se redressa difficilement, le souffle court et l’esprit embrumé.

-         Je… Tu ne t’en tireras pas comme ça. Je vais te faire l’amour, Esteban. Comme tu le demandes dans ta lettre.

L’adolescent eut un sourire coquin et s’allongea de tout son long sur le corps nu de l’écrivain.

-         J’attends ça depuis que tu es entré dans cette chambre, mon chéri. Qu’est-ce que tu attends ? Susurra-t-il en ondulant tout contre lui, réveillant leur libido.

-         Mon Dieu, Esteban… Je te veux tellement !

Joakim commençait déjà à perdre la tête sous les regards fiévreux du plus petit et du contact de son corps brûlant. Il n’attendit pas plus et renversa la situation d’un coup de hanche. Il savoura un instant l’expression d’attente et de soumission du brun avant de se saisir du lubrifiant dans la table de chevet. Il se redressa sur ses genoux et regarda Esteban qui ouvrait les jambes avec insolence, le provoquant du regard. Tandis qu’il s’enduisait les doigts et le sexe, l’étudiant jouait avec ses propres doigts autour de son entrée. Il avait surélevé son bassin et défiait son amant de le toucher alors que ses doigts s’enfonçaient de quelques millimètres dans son anus.

La vision de l’homme qu’il aimait en train de se toucher avec application, les joues rouges et les lèvres humides et entrouvertes eut raison de Joakim qui fondit sur lui. Il l’embrassa avec toute la passion et tout l’amour qu’il avait pendant que ses mains rejoignaient celles d’Esteban. Sa main droite entama une douce caresse sur le membre érigé et l’autre se mêla aux doigts du plus jeune. Ce dernier était déjà parti très loin quand il sentit les doigts lubrifiés se joindre aux siens. Il n’était plus que sensations et gémissements et un râle lui échappa quand Joakim entra son index en lui. Après quelques mouvements, il ressorti et entra à nouveau accompagné d’un des doigts du jeune homme.

Les deux hommes étaient plus excités que jamais et Joakim avait du mal à masturber Esteban tellement il trouvait cela bon de sentir ses doigts et ceux de son amant entremêlés à l’intérieur de celui-ci.

Ils auraient pu jouir rien qu’en se regardant dans les yeux mais ils en voulaient encore plus. Ils voulaient se sentir complets, se sentir unis. Esteban n’en pouvait plus. Aux confins du plaisir, il réussit à articuler une phrase :

-         Viens… Mon… amour…. je… je t’aime. Viens… fais-moi…. l’-l’amour… Aaah…

Joakim fondit en voyant les yeux embués de son petit ami. À ce moment, la terre aurait pu exploser qu’il n’aurait pas réagit. Les deux regards soudés, l’écrivain emprisonna les lèvres de son amant dans un baiser tendre tandis qu’il entrait en lui avec douceur.

Esteban haleta de plaisir et il se cambra pour l’accueillir plus profondément. Il eut un sanglot quand il sentit la totalité de ce sexe dur en lui et ondula ses hanches avec frénésie pour qu’il bouge. Des mots sans suite s’échappaient de sa bouche entre deux baisers.

Amusé par son empressement, le châtain consentit à bouger quand il sentit qu’il pourrait venir comme ça. Il se retint pour offrir toute sa passion à son amant. Il entama d’amples mouvements qui se transformèrent rapidement en rapides et puissants va-et-viens. Les deux corps déjà couverts de sueur s’emboitaient à la perfection, et leurs gémissements se perdaient dans l’oreille de l’autre. Parfois leurs lèvres se trouvaient et s’enlaçaient de même que leurs mains caressaient l’autre avec ferveur.

Perdu dans un monde de plaisir, Esteban sentit tout son corps se contracter et un orgasme dévastateur le submergea alors qu’il se laissait aller contre Joakim en lui gémissant son amour. Sentir les chairs de son amant se serrer autour lui fut de trop pour le châtain qui jouit en s’accrochant désespérément au plus jeune.

Ils restèrent un moment étroitement enlacés sur le lit. Personne n’aurait pu dire où commençait le corps de l’un et où finissait l’autre tellement ils étaient soudés. Leurs bouches finirent par se trouver et s’unirent longuement. Leurs yeux éclataient de la même lueur. Nul besoin de mots. Ils se comprenaient. Ils s’aimaient.

**********

Le lendemain, ils se lèveraient ensemble, dans les bras l’un de l’autre. Ils allumeraient la radio et tomberaient sur le flash info. Il l’écouteraient d’une oreille discrète, plus préoccupés par leur petit déjeuner et par les lèvres de l’autre. Pourtant, ils finiraient par y prêter attention en entendant la phrase qu’ils attendaient depuis longtemps :

« Keanu Nichols, accusé, entre autres, de proxénétisme, agressions et trafic de drogue a été retrouvé mort dans sa cellule ce matin. Rappelons qu’il avait été condamné il y a trois mois à une peine de prison de trente ans. L’homme se serait suicidé mais la police n’écarte pour l’instant aucune autre possibilité. »

Leurs yeux se chercheraient, anxieux et soulagés à la fois. Ils se souriraient doucement et s’embrasseraient tendrement avant de continuer leur petit déjeuner, l’esprit enfin tranquille.

Peut-être même que, pour fêter cela, Joakim entraînerait son amant vers le lit. Et peut-être qu’Esteban lui ferait la meilleure fellation de sa vie. Qui sait, ils feraient peut-être l’amour toute la matinée, emplissant le studio d’étudiant de  gémissements, de promesses d’avenir et de cris d’amour. Mais cette partie de l’histoire n’est pas encore écrite. Et elle n’appartient qu’à eux.

THE END

* Pour comprendre, lire que les premiers mots des phrases (alignées à gauche)
Si vous ne connaissez pasla correspondance de Sand et Musset, filez sur ce site !!

Bisous à tous et merci d’avoir lu cette fic jusqu’au bout… c’est vraiment étrange de l’avoir fini pour de bon ><

 

Chapitre 26 juillet 23, 2009

Classé dans : Androgyne — leyandme @ 22:29

Voilà le dernier chapitre… de ma première histoire.

Et ça fait très bizarre d’écrire le mot fin =S

Mais j’espère que ça vous plaira quand même :D

Rien n’est plus difficile que le choix. Ainsi, quand Joakim ouvrit sa porte à Esteban cet après-midi là, il sut qu’il aurait à faire face à des choses difficiles. L’adolescent était venu chez lui sans le prévenir, découvrant son ancien amant dans un état déplorable. Il ne portait qu’un vague tee-shirt et ce qui avait du être un caleçon. Ses joues étaient mal rasées, des grandes cernes marquaient ses yeux et il n’avait visiblement pas fait le ménage chez lui depuis un certain temps.

L’écrivain laissa entrer le jeune homme sans montrer d’émotion. Il était surpris et désorienté mais il refusait de se laisser atteindre. En l’espace de quelques secondes, Esteban comprit plusieurs choses :

1- tout d’abord que Joakim était replongé dans le même état que celui qu’il décrivait dans son dernier livre

2- mais aussi la façon dont il avait apprit pour lui et le japonais : les photos de leurs ébats n’avaient pas bougées.

Dire qu’il était choqué n’aurait pas été suffisant : il s’était fait avoir comme un débutant par Ryuichi. Et celui-ci ne travaillait certainement pas seul. Il n’avait aucun intérêt personnel à détruire leur couple.

-         Ces photos… Pou… pourquoi tu ne les as pas enlevé ?

La voix du jeune homme était basse et tremblante. Au contraire, celle de l’écrivain était claire et froide.

-         Pour ne pas oublier. Et parce qu’elles m’empêchent de penser, je me sens vide quand je les vois.

-         Je… je suis désolé Joakim. Mais quand je t’ai vu avec ce mec dans ce magazine… Et puis il était aussi chez toi quand je suis venu te voir l’autre soir. Mais tu m’as dit que tu n’étais pas là. Tu m’as menti…

Il n’y avait pas de colère chez lui ; juste de l’amertume et de la tristesse. Face au silence ennuyé du châtain, Esteban s’emporta :

-         Je peux au moins savoir qui c’est ?

-         Keanu… souffla Joakim, comme apeuré par ce nom.

-         Ton ex ? Mais… pourquoi ? Tu m’avais dit que tu ne le voyais plus.

-         C’était le cas. Mais il est venu un jour, il a voulu qu’on se remette ensemble et j’ai dis non. Mais ça ne lui a pas plus alors il a essayé de m’embrasser de force. J’étais tellement choqué, il… il me faisait peur. Alors je n’ai rien fait et il est parti.

-         Pourquoi tu ne me l’as jamais dit ?

-         Keanu est mon problème, pas le tien, trancha l’écrivain. Il est jaloux et tu n’as pas idée de ce qu’il est capable de faire quand on touche à ce qui lui appartiens.

-         Oh si… je pense que j’en ai un aperçu quand je vois ton appartement et ces… photos. Répliqua le lycéen.

-         …

-         C’est lui qui est derrière tout ça, n’est-ce pas ?

-         Oui. Je pense que oui.

-         Et ça ne te dérange pas ? Il te manipule ! Il n’en a rien à faire de toi !

-         Je sais. Mais il m’apporte ce dont j’ai besoin.

-         C’est faux ! Tu as besoin d’amour, et ça je peux te l’apporter. Je… Bordel je t’aime Joakim… je suis fou de toi…, la voix du jeune homme se cassa. Est-ce qu’on ne pourrait pas… tous les deux ? Réessayer…

-         C’est trop tard.

-         Mais tu ne l’aimes pas !

-         Non. C’est toi que j’aime.

L’écrivain avait chuchoté ces derniers mots si bien qu’Esteban n’était pas sûr de les avoir entendu. Mais au vu des rougeurs qui avait envahit ses joues – premier signe d’émotion qu’il laissait transparaître – il sut qu’il avait comprit.

Il s’approcha de Joakim jusqu’à ce que leurs corps se frôlent. Il laissa ses mains effleurer délicatement les hanches de son ancien amant et les remonter le long de ses bras pour prendre son visage en coupe. Là, il souffla sur les lèvres entrouvertes de l’écrivain et murmura :

-         Laisse moi une chance, s’il te plait. Je t’aime. Je ne peux rien te promettre : ni amour éternel, ni bonheur fou. Mais je ferais de mon mieux. Parce que je me sens tellement vide depuis que tu n’es plus là.

En guise de réponse, Joakim, les joues brulantes et le souffle court, embrassa le seul homme qui ne le dégoûtait pas quand il le touchait. Un simple effleurement des lèvres. Un baiser chaste et doux mais infiniment plus précieux que lorsque des langues impudiques souillaient sa bouche. Quand leurs lèvres se détachèrent, il restèrent appuyés front contre front. Puis Joakim parla d’une voix chargée d’émotions :

-         Esteban ?

-         Moui ?

-         J’ai envie de pleurer…

Alors, il se laissa aller contre le corps chaud de l’adolescent qui referma ses bras dans son dos. Il pleura longtemps, ses sanglots résonnant dans la pièce froide.

**********

Ils avaient donc essayé de se ré-apprendre. Il passaient du temps ensemble, comme au début de leur relation, quand ils ne savaient pas encore ce qu’ils étaient l’un pour l’autre. Ils allaient au cinéma, au restaurant, au musée, à la mer. Parfois Erwan se joignait à eux et c’était comme une bouffée d’air frais. Le jeune métis n’avait rien à voir avec leur histoire et avec lui tout était beaucoup plus simple. Comme cet après-midi où ils avaient été à la plage tous les trois. Joakim avait insisté pour mettre de la crème solaire à Esteban, craignant pour « sa petite peau toute palichonne » et ce dernier s’était vengé en lui faisant un massage à la crème solaire très sensuel, à califourchon sur les fesses de l’écrivain. En voyant la scène, Erwan avait boudé :

-         Et moi ? Qui va ma mettre de la crème ?

-         …

-         …

-         Vous battez pas surtout… ronchonna le métis.

-         Erwan, ta peau est déjà plus bronzé que n’importe qui sur cette plage, soupira Esteban.

-         Hummmm… tenta Joakim, enivré par son massage.

-         Ok, ok je vois ! Je vous laisse à vos cochonneries, je vais trouver quelqu’un d’autre !

Il se leva d’un pas faussement rageur et s’éloigna de ses amis. Esteban se releva d’un bond, croyant avoir vexé le brun et lui sauta dessus en hurlant :

-         Erwaaaaaan ! Je vais te la mettre ta crème, et bien profond.

Il se chamaillèrent quelques temps à même le sable sous les yeux rieurs de Joakim qui arbitrait – objectivement bien sûr – la partie.

**********

« Un drogué. Un putain de drogué, voilà ce que je suis » pensa Joakim en sentant les mains froides d’un homme le toucher. Malgré ses sorties avec Esteban, malgré la vie qu’il regoûtait petit à petit, il avait encore besoin d’aller chercher sa dose de dégoût. Mais le pire est qu’il n’avait plus l’anesthésiant du vide. Avant il n’était qu’un zombie en quête de sensations. Désormais il était un drogué conscient de ses problèmes. Et ça faisait encore plus mal ; il se dégoûtait et il aimait ça alors ça le dégoûtait encore plus.

Il ne l’avait pas dit à Esteban. Mais il savait que le jeune homme était au courant et, même si ça le blessait, il ne disait rien.

Pour ce qui était du sexe, l’adolescent et lui n’avait rien fait à part des bisous et des câlins innocents. Ils avaient peur tous les deux. Mais, ce que ne savait pas Esteban, c’était que Keanu se faisait de plus en plus pressant. Ça ne dépassait pas le cadre de la boîte mais c’était déjà assez. Joakim ne pouvait pas le repousser. Il était son meilleur dealer, le plus consciencieux, le plus appliqué.

Pourtant un jour, tout se compliqua. Comme tous les jours, Joakim se leva en début d’après-midi, le cœur au bord des lèvres. Des bribes de la veille lui revenait, lui donnant la nausée. Il avait vu Keanu et ils avaient presque baisé dans les toilettes de la boîte. Bordel, il l’avait même sucé comme une vulgaire pute. À ce souvenir, il sentit un haut-le-cœur lui soulever l’estomac et il rendit son dîner dans la cuvette de ses WC.

Il devait voir Esteban aujourd’hui. Ils avaient rendez-vous dans un petit café près du zoo qu’ils devaient visiter. Il resta longtemps sous la douche, songeant à sa vie, aux bouffées de chaleur et de bonheur qu’il ressentait en pensant à Esteban, à ce besoin maladif de sentir ses limites s’émiéter, à Keanu qui le voulait et qui le dégoûtait pour ça. Il se sentait tellement pathétique. Quand enfin il fut près, il se rendit vers le café, l’esprit apaisé par sa future rencontre avec le beau lycéen.

**********

Tout se passa comme dans un rêve. Ou plutôt comme dans un cauchemar. Il avait l’impression que ce n’était pas lui qui était là, à contempler cette scène.

Ça avait commencé quand Esteban avait voulu prendre un raccourci pour aller au zoo. Ils étaient passé dans un dédale de petite rues vides et sales. Ils étaient presque arrivés – Joakim pouvait voir un bout du panneau indiquant l’entrée du parc – quand le pire arriva. Ils dépassèrent un groupe de clochards quand un homme, qui était de dos, se détacha des autres, un sourire ravi aux lèvres.

-         Joakim. Quelle surprise de te voir ici. Et… en charmant compagnie.

-         … Keanu.

Le châtain était terrorisé. Il avait pâli d’un coup et Esteban s’en aperçut. Il s’approcha et se plaça devant l’écrivain. Sa voix était ferme quand il parla, même s’il n’en menait pas large.

-         Laissez-nous tranquille. Vous lui avez fait assez de mal comme ça.

-         Oh, mais c’est qu’il me menacerait le gamin ! Voyez-vous ça !

Il éclata d’un rire sans joie, suivit des rires gras des hommes derrière lui.

-         Je suis sérieux. Vous vous êtes bien amusé mais c’est finit maintenant.

-         Certainement pas, mon chou. Ça vient juste de commencer. Joakim va bientôt me céder. Bientôt je le posséderai de nouveau.

-         Non… la voix faible du concerné s’éleva.

-         Tu ne disais pas non quand tu me suçais hier soir, chéri.

-         Joakim… c’est vrai ?

Esteban s’était retourné vers son ami, déçu. Celui-ci détourna le regard. Le jeune homme eut un pincement au cœur en pensant que rien n’était gagné.

-         C’est de votre faute s’il est comme ça ! Pourquoi ne le laissez-vous pas ?

-         Ma faute ? Bien sûr que non… c’est lui qui a tué un pauvre innocent.

-         Vous n’êtes qu’une ordure.

-         Un ordure qui est le seul à fournir à ce cher Jo sa meilleure drogue.

-         Je l’aiderai à arrêter.

-         Mais il ne veut pas arrêter. Sinon il ne viendrait pas me réclamer de le baiser comme la sale chienne qu’il est. Tu n’es rien qu’un microbe, va jouer ailleurs. Jo est à moi, tu ne pourras jamais lui apporter ce dont il a besoin. Tu es trop… gentil pour ça.

Ses mots étaient durs et tranchants. Esteban chancela sous le poids de ses paroles. Keanu s’approcha du couple et l’adolescent se dressa en barrière entre lui et Joakim.

-         Bouge toi de là, grogna l’adulte.

-         Non.

-         Dégage, le mioche !

-         Non.

-         Très bien, le brun eut un sourire sadique, tu veux jouer ? Et bien jouons. Je te propose un défi. Celui qui perd laisse Jo au gagnant. Et il disparaît de sa vie, compris ?

-         Très bien. J’accepte.

La détermination luisait dans ses yeux et il se redressa fièrement. Joakim avait reculé en voyant son dealer venir vers eux mais il ne put intervenir. Il avait trop peur. Et en le voyant, il repensait à ce qu’il lui donnait. À ce dégoût, cette souffrance ce désir jamais satisfait qu’il ressentait. Il sut qu’il ne pourrait jamais s’opposer à cet homme.

-         Voilà le défi : je vais te donner un couteau. À mon signal, tu te fait une entaille dans le bras. Le premier qui s’évanouit a perdu.

-         T… très bien.

Il avait peur. Il était même terrifié. Et il ne pensait pas pouvoir gagner, ni même s’en sortir vivant. Mais il devait le faire. De son côté Joakim avait eut un violent sursaut en entendant la nature du défi. Il savait son ancien compagnon très résistant à la douleur physique. De même qu’il ne le pensait pas suffisamment honnête pour ne pas tricher. Alors qu’Esteban était l’innocence même. Il ne pouvait pas laisser faire ça.

-         Arrêtez… cela n’avait été qu’un murmure mais cela avait attiré l’attention des deux combattants. Je ne veux pas qu’on se batte pour moi.

-         Tais-toi, petite pute. Ne te mêle pas de nos affaire, rugit Keanu avec humeur.

-         Joakim… je dois le faire. Pour toi et pour moi. Et pour nous.

-         Non. Je ne veux pas. Si vous faites ça, vous ne gagnerez rien du tout à part mon mépris. Je vous tournerai le dos à tous les deux. Peu importe le « gagnant ».

-         Tu n’as pas ton mot à dire, chéri, dit le brun sur un ton doucereux. Et je n’ai que faire de ton mépris. Ça n’en sera que plus excitant. Tu es tellement bandant quand tu te refuse à moi.

Un frisson parcourut le dos des deux autres hommes. Joakim était fasciné par ces paroles vulgaires et humiliantes et Esteban était horrifié par l’attitude de Keanu. Le jeune lycéen hésita quelques minutes puis se tourna vers l’écrivain :

-         Si c’est ce que tu veux, je ne relèverai pas le défi. Parce que je t’aime et que je veux te faire confiance. Et aussi parce que ton mépris serait pire que de te savoir loin de moi.

Joakim eut un sourire triste. Esteban était vraiment un garçon parfait. Il écoutait ses choix, les respectaient même s’il y était réticent. Et tout ça parce qu’il était amoureux de lui. Il se demanda brièvement si lui aussi serait capable de faire tout ce qu’Esteban lui proposerait. La réponse s’imposa à lui : oui. Il en serait capable mais ce serait dur. Parce qu’il aurait beaucoup de démons à vaincre avant d’y arriver.

Le châtain fit un pas vers l’adolescent et passa une main tendre dans ses cheveux bleus. Il le serra contre lui avec force et déclara en regardant Keanu dans les yeux :

-         Mon choix est fait. Tu n’as pas ta place dans ma vie et tu ne l’auras jamais.

Dire que l’autre homme était choqué serait adoucir la vérité. Il était plus que cela : il était furieux, surpris, frustré… Mais ce qui dominait était la colère.

-         Qu’a donc ce gosse ridicule pour que tu le choisisses ?! Il ne t’apporteras jamais la dose de violence, de dégoût de toi-même que tu affectionnes tant. Tu aimes sentir ta volonté t’échapper, tu aime voir te limites, les toucher, les repousser. Ne dis pas le contraire. Je te connais trop bien Jo. Mieux que quiconque.

Un frisson secoua le concerné face à la véracité de ces paroles mais il répliqua malgré tout :

-         La drogue ça s’arrête Keanu. Esteban peut m’apporter ce dont j’ai besoin pour décrocher. Avec lui je peux vivre. Avec toi ce n’est qu’une mort lente et douloureuse.

-         Mais c’est ce que tu aimes ! Et tu oublies le sexe. On a toujours été en parfaite harmonie toi et moi. Je peux te faire tutoyer les étoiles quand tu veux, chéri, déclara le brun avec un clin d’œil suggestif.

-         C’est mon poing que vous allez tutoyer si vous ne respectez pas d’avantage Joakim. Il n’est pas votre objet. Il n’est pas à vous ! S’énerva le plus jeune.

-         Ne crois pas qu’il est à toi parce qu’il t’a « choisi », moveux. Tu ferais une lourde erreur. Je sais que Jo finira par revenir à ses premiers amours. Il aura besoin de plus que du sexe façon bisounours, dit le brun avec un rictus dédaigneux.

-         Contrairement à ce que tu crois et ce que tu m’as fait croire, il n’y a pas que le sexe dans la vie. Et ça, Esteban l’a compris.

-         Évidemment, railla Keanu, vous ne devez pas baiser souvent. Je comprend mieux pourquoi tu es revenu me voir la queue entre les jambes. Enfin… je devrais plutôt dire ma queue entre tes jambes.

-         Espèce de salaud !

Esteban se détacha des bras de Joakim qui le serrait toujours contre lui et voulut se jeter sur son rival mais l’écrivain le retient à temps en secouant la tête froidement.

-         Viens… souffla-t-il en le tirant en direction du zoo.

Il s’en allèrent sans un regard en arrière, essayant de paraître sûrs d’eux malgré leur peur de la personne qu’ils laissaient derrière eux. Et en effet Keanu se jeta sur le couple, envoyant valser Esteban contre un mur. Il coinça l’écrivain sous lui et sorti un couteau de sa poche d’une main tandis que l’autre essayait de baisser le pantalon de Joakim qui, sonné, ne réagissait pas. Autour d’eux, les clochards faisaient un rond, entourant le bourreau et sa victime, empêchant toute fuite.

Soudain, tout s’enchaîna. Joakim essaya de se débattre et son tortionnaire plaqua le couteau contre son coup en appuyant légèrement, provoquant une estafilade rouge. Il avait presque dénudé sa proie et plaquait sa propre érection contre le bassin de sa victime. C’est alors que deux des clochards se précipitèrent sur Keanu pour le tirer en arrière et le bloquer au sol. L’un deux sortit des menottes de son pantalon sale et immobilisa le brun qui se débattait comme un beau diable. L’autre sortit sa plaque et éloigna le groupe de SDF en beuglant « Police ! Éloignez-vous ». Une voiture de police déboula dans la ruelle, les sirènes en marche et deux autres policiers en sortirent pour prêter main forte à leurs collègues. Un des deux se chargea de Keanu avec le premier flic tandis que l’autre s’agenouillait auprès de Joakim alors que son collègue s’occupait d’Esteban.

**********

Quelques heures plus tard, les deux jeunes gens furent déposés chez Joakim, encore choqués de ce qui s’était passé. Il s’était avéré que des policiers en civils avaient infiltré plusieurs ramifications du réseau de drogue et de prostitution dont Keanu faisait partie. Ils l’avaient donc à l’œil et avaient ainsi put, grâce à eux, l’arrêter en flagrant délit d’agression. Il était suspecté de beaucoup de choses comme viol, proxénétisme, vente de drogue – notamment à des mineurs – et autres joyeusetés.

Pour l’heure, Esteban et son ami étaient installés dans le salon de ce dernier, une tasse de café fumante dans les mains. Un silence pesant régnait sur la pièce, chacun étant plongé dans ses pensées et souvenirs. Au bout d’un certain temps, l’un des deux posa la question qu’ils se demandaient tous :

-         Et maintenant ?

Et maintenant. Que faire ? Continuer comme si de rien n’était ? Passer à autre chose ? Tourner la page ? Ils avaient passé trop de temps à se chercher. Maintenant qu’ils pouvaient enfin être ensemble, ils voulaient être heureux. Mais le bonheur à un prix. Et ils allaient l’apprendre bien vite.

Joakim sourit faiblement et posa sa tasse sur la table basse. Il fit subir le même sort à celle du lycéen et se rapprocha de lui. Sa main s’éleva vers la joue douce d’Esteban et la caressa en un effleurement aérien. Le jeune homme ferma les yeux sous la tendresse de ce geste. Leurs visage se rapprochèrent et ils s’embrassèrent amoureusement. Puis la douceur du moment fit place à la passion. Leur peur de se perdre avait été si intense qu’ils le firent passer dans tous leurs gestes. Quand Estaban s’accrocha au châtain avec désespoir ; quand celui-ci le porta jusqu’à son lit ; quand ils redécouvrirent leurs corps encore une fois ; quand Joakim aima Esteban et quand Esteban aima Joakim. Tout le temps. À chaque seconde. Ils ne se dirent pas « je t’aime » mais leurs yeux le firent. Ils firent l’amour avec passion et tendresse, avec force et désespoir.

Quand ils se réveillèrent le lendemain matin, Joakim expliqua à Esteban qu’il voulait vraiment leur donner une seconde chance mais qu’il avait besoin de temps pour éradiquer son addiction. Le jeune homme comprit – ou fit semblant de comprendre – et attendit d’être chez lui pour pleurer. De tristesse mais aussi de soulagement. Il alla ensuite chez Erwan et passa le reste de la journée avec lui.

**********

Les deux mois d’été passèrent à une vitesse folle. Esteban était presque tout le temps occupé, entre son boulot de serveur et ses heures passées avec Erwan et d’autres de leurs amis, il n’avait guère le temps de s’ennuyer.

Il avait aussi trouvé un appartement dans la ville de Vendée où il ferait ses études à la rentrée de septembre. Il se lançait dans la préparation d’un DUT en Information et communication dans le but de travailler dans le monde de l’édition. Inconsciemment, tout le ramenait toujours vers Joakim. Il pensait à lui sans arrêt, il était toujours dans un coin de sa tête. Il avait peur que son attente soit vaine mais il voulait avoir conscience. Alors quand chaque jour se terminait sans avoir eu de nouvelles de l’écrivain, il sentait le poids sur son cœur s’alourdir sensiblement. Mais il ne voulait pas perde espoir.

Ainsi, en septembre, quand il s’installa dans son nouveau chez-lui, il n’oublia pas de mettre une photo d’eux d’eux en valeur sur son bureau. Pour la première fois, il était séparé d’Erwan – qui faisait un BTS en alternance à Poitiers – et il était un peu angoissé pour la suite. Mais il avait décidé de se sociabiliser un peu. Ses cheveux avaient retrouvés leur couleur naturelle – bruns – et n’étaient plus parsemés que de quelques mèches bleues mais il avait conservés ses piercings, en espérant qu’ils ne seraient pas un obstacle à ses futures rencontres.

**********

Au cours de sa première semaine, il appris à connaître quelques personnes de sa promo avec lesquels il s’entendait très bien. Les deuxièmes années organisaient des petites soirées tous les soirs pour une meilleure intégration et Esteban se découvrit des points communs avec plusieurs personnes grâce à ces soirées.

C’est en rentrant chez lui, après une de ces petites fêtes, qu’il eut la surprise de voir quelqu’un adossé à sa porte. Il alluma la lumière sur le pallier et découvrit un jeune homme, un sourire timide aux lèvres, le regarder de haut en bas. Il sentit son cœur se gonfler d’espérance et une joie sans nom l’envahit. Il murmura avec délectation ce nom si cher à ses yeux en dévorant l’autre du regard :

-         Joakim…

FIN

Voili Voilou… l’épilogue sera en ligne dans pas longtemps ‘il est en cours d’écriture)

Sinon, j’ai pas l’habitude de réclamer des commentaires parce que je trouve que ça se fait pas et que chacun doit se sentir libre de donner son avis ou pas mais… j’avoue être déçue du nombre de commentaire pour le dernier chapitre posté (1 seul en fait >> merci Missiz :D )

Enfin je comprends, vu ma longue absence tout le monde a du se barrer ^^”

Bisous quand même et si y’a du monde manifestez-vous !

 

Chapitre 25 juillet 21, 2009

Classé dans : Androgyne — leyandme @ 15:00

Coucou tout le monde (même si je doute qu’il y ait du monde >_<) !

Voici l’avant-dernier chapitre d’Androgyne !! La fin est écrite et la moitié de l’épilogue aussi donc vous aurez bientôt le dénouement de l’histoire ^^

Merci beaucoup pour ceux qui continue à laisser des commentaires malgré ma looooongue absence. Je vais essayer de finir mes autres fics en cours le plus rapidement possible mais je ne garantis rien…

Bisous à tous et bonne lecture !! =)

CHAPITRE 25

C’était comme retrouver un ami perdu de vue depuis longtemps. C’était comme cet espèce de plaisir malsain qu’on éprouve en se grattant la croûte fraîche d’une récente blessure ; avoir mal, regarder le sang qui s’écoule, et recommencer quand même. C’était comme si le vide qui avait rempli sa vie se comblait d’acide brulant tout sur son passage ; sa conscience, ses pensées, ses sentiments. Oui, surtout ses sentiments. Ces sentiments traîtres qui l’avaient blessé. Lui qui croyait aimer ça, la douleur. Lui qui pensait y être imperméable. Y être drogué. Mais la douleur de l’amour n’est pas comme les autres. Elle fait plus mal. Mal partout ; au cœur, à la tête, dans le ventre, à l’âme… Rien n’était plus douloureux que l’amour déçu qui persiste malgré tout. C’est pourquoi il se droguait à une autre douleur. Pour masquer celle qui l’avait tué.

Joakim était retourné dans cette boîte où il s’était tant de fois perdu. Où il s’était tant de fois abandonné aux plaisirs malsains de la chair. Où il s’était enivré des frissons de dégoûts qui le secouaient continuellement. Et c’était toujours pareil. Même des années plus tard, même après avoir goûté à une relation « normale ». Toujours ces hommes en quête de chaleur humaine. Toujours ces mains moites sur sa peau. Toujours ces mêmes sourires pervers. Toujours ces sexes durs qu’il sentait contre lui. C’était mauvais. C’était écœurant. Mais il restait. Parce que c’était la seul chose pour laquelle il vivait désormais.

Il avait besoin de ce soulagement que le dégoût, la douleur lui provoquait. Il avait besoin de sentir ses limites. De sentir sa résistance s’étirer, se tendre puis atteindre le point de rupture. Il imaginait le fil de sa conscience se raidir jusqu’à se qu’il s’effiloche. Il voulait sentir sa volonté rompre petit à petit. Il se complaisait dans sa déchéance macabre. Rien n’était plus jouissif pour lui que de se sentir tomber petit à petit dans un puits sans fond.

Il était vide depuis ce jour maudit où il était rentré chez lui pour découvrir les images sordides de son amant avec un autre homme. Il lui en avait voulu. Avait essayé de l’appeler mais c’était trop tard. Ses remords, ses habitudes avaient pris le pas sur celui qu’il était devenu. Il avait replongé dans sa passion du dégoût. Il avait finit par se convaincre que c’était sa faute. Qu’il était anormal. « Désaxé », comme Esteban lui avait fait remarqué une fois.

Il était tout à fait conscient du responsable de cette sinistre mise en scène. Keanu, son ancien amant, aimait les effets de style, les spectacles grandioses. Mais malgré qu’il le sache pertinemment, le jeune écrivain savait qu’il rentrerait dans son jeu. Qu’il jouerait avec lui. Car c’était ce qu’il attendait de lui. Et que maintenant que la seule personne qui le guidait à la surface l’avait laissé tombé, il pouvait se permettre de se foutre en l’air.

Alors, comme tous les soirs depuis deux semaines, Joakim s’était vêtu d’un pantalon moulant taille basse qui laissait visible son boxer blanc et d’une chemise noire que seuls quelques boutons retenaient. Ses yeux étaient soulignés d’un trait de khôl et ses cheveux avaient été coiffés en un joyeux ébouriffé. Il était splendide. Il était bandant.

Comme un automate, il était rentré dans la boîte de nuit et avait commencé à danser, comme en transe. Pourtant il n’avait pas bu ni pris de substance illicite. Mais l’ambiance suffisait à le mettre dans cet état. L’anticipation aussi. Il savait ce qu’il allait se passer : des corps se colleraient à lui, des mains baladeuses le caresseraient, des langues avides violeraient sa bouche… Et la nausée ferait son apparition. Belle, grande, comme un rez-de-marée elle emporterait tout sur son passage, ne laissant de lui que des débris épars.

Et tout se passa comme prévu. Il dansa jusqu’au bout de la nuit, inépuisable. Puis, soudain, des mains vinrent prendre possession de ses fesses, un corps chaud se pressa contre lui et un souffle lui caressa la joue. Un parfum connu lui monta aux narines et il posa ses mains sur le dos du presque-inconnu. Joakim eut un sourire sans joie. Il était finalement revenu.

**********

Plus que trois semaines avant le bac. Esteban, comme les autres terminales, commençait tout juste à réaliser la proximité des épreuves tant redoutées. Il avait établit un programme de révision minutieusement étudié pour n’avoir que peu de temps libre. Car les moments de désœuvrement le laissaient toujours dans un état lamentable. Il pensait à l’échec de sa relation avec Joakim et cela le minait. Il revoyait par flash des bribes de sa nuit avec le japonais Ryuichi et s’en voulait. Chacun de ses souvenirs lui faisaient penser à l’écrivain. Même dans ses révisions, il voyait des allusions à leur couple, à leur amitié, à leur amour. Parfois, il pleurait.

Heureusement, Erwan était toujours là pour lui remonter le moral. Lui au moins n’avait pas changé. Éternel coureur de jupon et clown à ses heures perdues, il savait se montrer un ami compréhensif pour le jeune homme. Même la mère d’Esteban faisait de son mieux. Elle n’avait pas compris leur brusque séparation et son fils n’avait pas essayé de lui dire la vérité. Il ne voulait pas qu’elle le prenne pour un salaud. Elle avait déjà souffert du départ de son père et il ne voulait pas qu’elle revive cet événement à travers son propre déboire sentimental. Mais elle était quand même présente et cela le rassurait.

Le jour de la sortie des terminales, une fête avait été organisée par et pour les futurs bacheliers. Tout le monde était invité à cette soirée où l’alcool coulerait à flot pour le bonheur de ceux qui allaient devoir se plonger dans les révisions. Bien entendu, Erwan était résolu à y aller. Et il avait décidé d’y emmener Esteban. Bien qu’il ne le dise pas, il était inquiet pour son meilleur ami. Celui-ci n’avait jamais été quelqu’un de particulièrement expansif. Il avait quelques amis au lycée mais c’était principalement des amis d’Erwan avec lesquels il s’entendait bien. Personne n’avait réussi à devenir vraiment proche de ce si particulier jeune homme aux cheveux bleus. Personne à part lui dont la personnalité différait complètement. Et il ne comptait pas le laisser tomber quand il avait besoin de lui. Fier de cette résolution, le métis composa le numéro de son ami et c’est avec une voix excessivement enjouée qu’il le salua quand celui-ci décrocha :

-         Mon Banouuu !

-         Non, Erwan. Je n’irai pas à cette soirée.

-         Mais pourquoi ? Et comment as-tu su que je t’appelais pour ça ?

-         Parce que c’était évident. Et je ne sortirai pas avant la fin du bac.

-         Mais…

-         Et n’essaie pas de me faire changer d’avis, tu n’y arriveras pas.

-         Esteban… soupira le brun, anxieux à l’idée que son ami se renferme sur lui-même.

-         Je sais que tu t’inquiètes pour moi mais c’est vraiment pas la peine.

-         Si tu le dis, répliqua-t-il, ironique.

-         Promis, on sortira pour fêter la fin du bac. Mais pas avant, je dois réviser : j’ai suffisamment négligé mes études.

-         OK, si c’est ce que tu veux. Mais je n’oublierai pas ta promesse, sois-en sûr !

-         J’en attendais pas moins de toi.

**********

Esteban sortit de la salle en soufflant. C’était bel et bien finit. La dernière épreuve du bac était passée. Désormais : vacances. Le jeune homme avait trouvé un travail saisonnier en tant que serveur dans une crêperie pendant un mois et demi. Le reste du temps, il comptait bien profiter des vacances pour se reposer.

Aux portes du lycée, il retrouva Erwan avec qui il échangea ses impressions. Ils allèrent retrouver des copains à eux dans un parc où ils avaient prévu de passer la fin de l’après-midi avant de se rendre à une soirée organisée par une connaissance éloignée d’un membre du groupe. Esteban soupira à cette idée, mi-amusé, mi-blasé. Il n’avait pas spécialement envie d’y aller mais il fallait reconnaître qu’il devait sortir : s’il ne le faisait pas sa mère le mettrait dehors à coups de pieds, son meilleur ami le trainerait de force à des soirées de débauche totale ou il deviendrait un ermite que personne ne voudrait plus voir.

-         Tu penses à quoi Esteban pour sourire comme un idiot comme ça ?

-         À ce que je pourrais devenir si je m’enfermais chez moi sans sortir.

Devant l’incompréhension générale, il haussa les épaules et se joignit au groupe pour savourer la douceur d’un après-midi de juin, allongé dans l’herbe.

Plus tard, bien plus tard dans la soirée, la petite bande, passablement éméchée, se retrouvait à faire la queue devant une boîte de nuit, la fête d’origine ayant été écourtée par l’arrivée de policiers.

Esteban se retrouva vite sur la piste de danse, se déhanchant énergiquement avec quelques uns de ses amis. Erwan s’était déjà dégoté une « copine » et les autres membres de la bande étaient allé s’installer à une table. Au bout de quelques chansons, épuisé, le jeune homme rejoint les autres jeunes gens et s’affala sur un fauteuil. Il sirotait son verre de vodka orange quand une des jeunes filles qui l’accompagnait attira l’attention des autres vers un couple qui dansait, étroitement enlacé. Ne comprenant pas pourquoi ce couple-là semblait les intéresser autant, il les dévisagea plus attentivement.

C’était comme si son cœur était compressé dans un étau. Comme s’il était tordu dans tous les sens. Comme s’il venait de voir dans un miroir brisé le reflet de ce qu’aurait pu être sa vie. En face de lui, le couple de garçons évoluait lentement sur la piste. Ils dansaient collé-serré un slow sur une musique rapide. Comme s’ils étaient seuls au monde. Parfois leurs bouches se trouvaient en un baiser. D’autres fois c’étaient leurs yeux qui s’accrochaient en un échange amoureux.

En un éclair, Esteban repensa à Joakim, à leur relation, à ses mensonges, à Ryuichi, au magazine people. Il repensa aussi au dernier livre d’Anny Rodge où l’écrivain se dévoilait sans fausse pudeur et à l’ex-compagnon de celui-ci. Il comprit alors qu’il n’était pas seul dans la partie. Que ce Keanu-je-ne-sais-quoi allait sûrement revenir vers Joakim. Et qu’il allait le faire sombrer. Mais surtout : il allait le lui prendre, lui voler son amour et déchirer son âme.

Le jeune homme se leva en un sursaut et se rua vers son meilleur ami qui dansait avec une jolie blonde.

-         Erwan !

-         Esteban… Grogna le métis, tu vois pas que je suis occupé ?

-         Je vais le récupérer !

-         Quoi ?

-         Joakim ! Il est à moi, tu comprends ? Et si l’autre connard pose ses sales pattes sur lui, il va le regretter.

Erwan acquiesça, perdu, et laissa son meilleur ami s’en aller, fort de sa décision. Le jeune métis n’avait pas tout compris à la conversation mais il avait mieux à faire comme s’occuper de la délicieuse jeune fille qu’il avait dans les bras. Et Esteban avait l’air d’aller mieux et c’est tout ce qui comptait.

**********

Passion. Envie. Désir. Souffrance. Désir. Dégoût. Désir. Envie. Souffrance. Passion. Désir. Dégoût. Désir. Dégoût. Désir et dégoût. Dégoût et désir. Passion et souffrance. Désir et passion. Désir et souffrance. Désir. Dégoût.

Rien n’existait plus que ces quelques mots. Il ne vivait plus que pour ça. Il ne vivait plus que pour ces moments où il dansait dans l’ombre de la boîte de nuit. Il attendait avec une impatience morbide le moment où il viendrait chasser les autres ; où il le toucherait partout ; où il l’exciterait au-delà des mots ; où il le rabaisserait plus bas que terre. Il ne souhaitait plus qu’une chose : être l’objet avec lequel lui aimait tant jouer. Encore quelques temps et sa déchéance sera totale. Quand le jeu sera finit, il ne restera de lui qu’un corps plein de dégoût. Un pantin réagissant à la douleur par le désir.

Joakim ne savait plus depuis quand cela durait. Il se souvenait du début de sa vie comme le moment où il était entré dans cette boîte de nuit. Le reste avait été soigneusement mit de côté. Il l’avait occulté de sa mémoire. De toute façon, il ne pensait plus. Encore moins depuis que Keanu était revenu.

Quand son ex-compagnon était venu se coller à lui, encore plus dangereux que les autres, encore plus excitant que les autres, Joakim avait compris que le jeu commençait. Depuis, Keanu le faisait languir. Il l’excitait, le dégoûtait, lui faisait mal avec ses mots acérés et ses gestes déplacés. Mais il ne l’avait pas encore baisé.

Et Joakim voulait qu’il le baise. Il voulait que le brun prenne tout de lui. Qu’il ne soit plus qu’un zombie. Il ne voulait plus exister.

De son côté, Keanu jubilait. Joakim était tout à lui. Bientôt, quand son désir sera devenu incontrôlable, il le baisera. Et Joakim ne pourra plus lui échapper. Parce qu’il sera devenu trop accro. Ou parce qu’il sera mort.

à jeudi pour le dernier chapitre !! :D

et n’hésitez pas à laisser vos impressions, j’adore ça et je vous réponds directement dans les coms :p

Zoubixxx